Salaires · Négociation de branche · Droits des agents

Une proposition n’est pas une augmentation acquise

Le GES annonce une proposition patronale de hausse de 1 % des minima conventionnels. Pour les agents, l’enjeu est double : défendre une véritable reconnaissance salariale et distinguer ce qui se négocie de ce qui doit déjà être payé.

Faire le point avec FO31

Point au 6 octobre 2026. Dans un communiqué daté du 1er octobre, le Groupement des entreprises de sécurité privée (GES) indique que les organisations patronales ont proposé, lors de la réunion de branche du 21 septembre, une revalorisation de 1 % des minima conventionnels. Selon ce communiqué, la proposition reste ouverte à la signature jusqu’au 15 octobre. Ce calendrier ne constitue ni une date d’entrée en vigueur ni la garantie d’une hausse sur la prochaine paie.

1. Ce qui est annoncé, ce que FO revendique

Le communiqué du GES présente la position patronale et appelle à l’organisation d’une conférence sociale de la sécurité privée. Il ne doit pas être confondu avec un accord collectif applicable.

Du côté syndical, la FEETS-FO a rappelé, dans son compte rendu du rassemblement du 9 septembre publié le 12 septembre, trois exigences : une hausse de 10 %, une clause de sauvegarde de la grille face aux évolutions du SMIC et une revalorisation des primes, notamment pour le travail de nuit et du dimanche.

Ces revendications et la proposition patronale sont de nature différente : les premières expriment les objectifs défendus par FO ; la seconde est une offre de négociation. Ni les 10 % revendiqués ni le 1 % proposé ne doivent être présentés comme un droit salarial déjà acquis.

À retenir

Le 15 octobre est une échéance de signature annoncée, pas une échéance de paie

Pour annoncer une hausse applicable, il faut identifier le texte effectivement conclu, ses conditions de validité, sa date d’effet et les employeurs auxquels il s’impose. Le seul communiqué patronal ne permet pas de conclure à une augmentation automatique.

2. Comment une négociation devient-elle un droit ?

Un accord de branche doit d’abord respecter les conditions légales de validité. L’article L. 2232-6 du Code du travail prévoit notamment la signature d’organisations syndicales représentatives ayant recueilli au moins 30 % des suffrages pris en compte à ce niveau, et l’absence d’opposition d’organisations représentatives majoritaires dans le délai légal.

Il faut ensuite lire les clauses du texte : champ d’application, salariés concernés, date d’effet et éventuelle condition d’extension. Un arrêté d’extension peut rendre ses dispositions obligatoires pour tous les employeurs et salariés compris dans son champ, conformément à l’article L. 2261-15. Avant cette généralisation, l’application dépend notamment du lien de l’employeur avec les organisations signataires et des conditions prévues par l’accord.

Ne déduisez donc aucune date de hausse à partir d’une annonce seule. Si votre employeur évoque un futur pourcentage, demandez la référence de l’accord, sa date d’application dans l’entreprise et les éléments de rémunération concernés.

3. Votre salaire actuel : les vérifications qui n’attendent pas

La négociation à venir ne suspend pas les obligations de paie existantes. Le Code du travail numérique rappelle, pour la convention collective des entreprises de prévention et de sécurité (IDCC 1351), que le salaire doit respecter le minimum légal ou conventionnel le plus favorable. Un accord d’entreprise, d’établissement ou de groupe peut prévoir un minimum supérieur.

  • Identifiez la bonne grille. Vérifiez votre catégorie professionnelle, votre niveau, votre échelon et votre coefficient. La branche comporte des grilles distinctes : un coefficient isolé ne suffit pas toujours à déterminer le bon minimum.
  • Comparez des éléments comparables. Le montant net versé sur le compte ne se compare pas directement à un minimum brut conventionnel. Le temps de travail, les absences et les éléments retenus pour vérifier chaque minimum doivent être examinés.
  • Contrôlez séparément les accessoires de salaire. Repérez les lignes correspondant, selon votre situation, à l’ancienneté, au travail de nuit, au dimanche, aux paniers ou à l’entretien de la tenue. Leurs conditions d’attribution et leur évolution ne se déduisent pas d’un pourcentage annoncé sur les seuls minima.
  • Conservez les justificatifs. Bulletins, contrat, avenants, plannings et relevés d’heures permettent de vérifier concrètement la rémunération due.

Vous êtes déjà payé au-dessus du minimum ?

Une hausse des minima conventionnels ne signifie pas nécessairement une hausse du même pourcentage de tous les salaires réels. Il faut vérifier si votre rémunération respecte le nouveau plancher et si votre contrat ou un accord applicable prévoit une augmentation supplémentaire. Inversement, une rémunération devenue inférieure au minimum applicable doit être mise en conformité.

4. Un message simple pour obtenir une réponse écrite

Bonjour, je souhaite vérifier les règles de rémunération appliquées à mon poste. Merci de me confirmer ma classification complète, le minimum conventionnel correspondant et les accords applicables dans l’entreprise. Si une revalorisation est annoncée, merci de préciser le texte qui la prévoit, sa date d’effet et les éléments de paie concernés. Je souhaite également obtenir le détail du calcul des lignes suivantes de mon bulletin : [lignes et mois concernés].

En cas d’écart ou de réponse imprécise, transmettez ces éléments à vos représentants FO. Une vérification documentée permet de distinguer une erreur de paie, un problème de classification et une revendication à porter dans la négociation. Évitez de publier vos bulletins de salaire sur les réseaux sociaux : privilégiez un échange confidentiel.

La ligne FO : reconnaître les qualifications et les contraintes du métier

Travailler de nuit, assurer la continuité d’un site et exercer avec les qualifications exigées ne peuvent se résumer au respect du seul plancher salarial. Les revendications portées par la FEETS-FO visent une meilleure reconnaissance du travail et des contraintes des agents. Le débat économique ouvert par le patronat ne dispense aucun employeur de respecter les droits déjà applicables.

Haute-Garonne · Occitanie

Votre bulletin mérite des réponses précises

Une interrogation sur votre coefficient, une prime ou une hausse annoncée ? Rassemblez vos documents et contactez FO Sécurité Privée 31. Défendre les salaires, c’est porter les revendications collectives et vérifier les droits de chaque agent.

Contacter FO31


Sources et repères

Sources consultées le 6 octobre 2026. La négociation peut évoluer : vérifier les signatures, le texte définitif et ses conditions d’application avant toute annonce de hausse. Ces repères généraux ne remplacent pas l’examen individuel de votre situation.

By Hermes

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